La psychomotricité chez nos petits

 

                                                                                                   Elsa Giaux - Francis Mangubu

 

     Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, c'est qu'il cache un puits quelque part. 

                                                      

                                                                                              Antoine de Saint Exupéry

 

L'éducation psychomotrice à l'école maternelle, c'est manipuler l'expressivité psychomotrice de l'enfant pour l'aider à s'ouvrir à la réalité du monde.

 

                                                                                             Bernard Aucouturier.

 

Le psychomotricien offre à l’enfant un espace-temps où il va pouvoir se mouvoir librement, expérimenter ses potentialités, s’affirmer tout en prenant conscience de l’autre, établir les bases de la coopération, confronter ses limites, imiter l’autre pour ensuite s’approprier l’expérience, construire son intelligence par son action sur l’espace et les objets.

Vivre le plaisir sensori-moteur, sauter, grimper, rouler, ramper, courir, … Il va pouvoir vivre son imaginaire, exprimer ses besoins tout en essayant d’y trouver une réponse.

La séance sera suivie par des temps d’expression, de création, de verbalisation, ce qui favorisera l’intégration.

 

Objectifs de l’éducation psychomotrice :

 

- Créer un espace de sécurité.

- Reconnaître l’enfant dans ses expressions, ses compétences, ses limites.

- « Jouer » avec lui à son jeu.

- Faire évoluer l’espace et son contenu.

- Permettre aux enfants de vivre les conflits, de les dépasser, de les assumer.

- Ressentir, observer les enfants pour mieux les comprendre, les aider.

- Favoriser les communications de l’enfant avec ses pairs et les adultes (établir des liens).

- Favoriser les expérimentations et la créativité de l’enfant.

 

Déroulement d’une séance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accueil des enfants, déshabillage (veste, souliers) qui est un début de relation.

 

Rituel d’entrée, présentation du cadre spatial de la séance et des personnes qui seront sur le terrain (stagiaire, observateur), message spécifique signalant le début de la séance.

 

Séance de jeux, l’adulte est sur le terrain en relation avec les enfants, la personne référante a un regard périphérique de manière à assurer la sécurité et à répondre aux demandes des enfants.

Il sera également proposé à l’enfant des jeux de coopération très structurés au cours desquels il devra respecter une consigne, une règle, le partage avec l’autre.
La plupart des notions mathématiques de base, le sens de la lecture future sont également travaillés avec le corps.

 

Le rythme, le chant, le mouvement... très présents !

 

Rituel de fin, l’adulte choisit pour ce rituel un moment de baisse de tonus, il rassemble le groupe d’enfants progressivement autour d’une activité calme (chants, histoire, relaxation, petit parcours sensori-moteur calme, dessin, …)

 

Rhabillage et départ des enfants.

Ecouter, c’est accepter de se taire pour accueillir ce qui vient (les jeux, les émotions, l’imaginaire, les peurs et les peines, les demandes, les désirs).

 

Le plus important n’est pas ce que l’enfant dit ou ne dit pas, ce à quoi il joue ou ne joue pas mais comment il dit, comment il joue, comment il demande.

 

                                                      L’enfant me parle.

                                                      J’essaie de l’entendre.

                                                      Il me parle d’un pays étrange,

                                                      mais non étranger.

                                                      Je dois entreprendre un long

                                                      voyage pour pouvoir le rejoindre,

                                                      le retrouver et lui parler.

                                                      Nous sommes alors des aventuriers.

                                                     

                                                                                                Anonyme

 

 

Projet défendu par l'école de Messidor

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’éducation psychomotrice doit être considérée comme une éducation de base à l’école élémentaire.

Elle conditionne tous les apprentissages préscolaires et scolaires : ceux-ci ne peuvent être menés à bien si l’enfant n’est pas parvenu à prendre conscience de son corps, à se latéraliser, à se situer dans l’espace, à maîtriser le temps, s’il n’a pas acquis une suffisante habileté à une coordination de ses gestes et mouvements.
L’éducation psychomotrice doit être privilégiée dès le plus jeune âge : conduite avec persévérance, elle permet de prévenir certaines inadaptations, toujours difficiles à réduire lorsqu’elles sont structurées…

                                                                

                                                                                                                                                         Dr Jean LE BOULCH

 

 

Depuis longtemps déjà, nous savons que pour l’enfant, tout commence par le corps.
Il s’agit donc de trouver les moyens de l’aider à réaliser les diverses prises de conscience nécessaires à la lente élaboration du schéma corporel.
La période préscolaire est un temps essentiel du développement psychomoteur dont dépend non seulement l’évolution harmonieuse de la personnalité de l’enfant mais également l’acquisition des savoirs scolaires.

 

          Objectifs de nos séances

 

Le psychomotricien travaille essentiellement par demi-groupe classe en étroite collaboration avec l’enseignante.

 

Objectifs physiologiques

  • Développement de l’appareil cardio-respiratoire ( adaptation à l’effort )

  • Développement de l’appareil musculaire ( tonification )

  • Développement de l’appareil articulaire ( souplesse )

 

Objectifs moteurs

  • Amélioration du mouvement, régularisation de l’énergie, contrôle du corps.

  • Travailler l’équilibre ( en suspension, en déplacement ), la maîtrise de soi, les réflexes, la rapidité.

  • Adresse générale à développer : coordination des mouvements, marcher, courir, grimper, lancer, …

  • Développer la coordination oculo-manuelle, oculo-pédestre.

 

Objectifs psychomoteurs

  • Affinement perceptif : vue – ouïe – toucher.

  • Structuration du schéma corporel.

  • Structuration temporelle : rythme, vitesse, durée.

  • Structuration spatiale : localisation, orientation, direction, … isolation du geste, …

  • Latéralisation.

 

L’approche de la lecture, du calcul et de l’écriture s’effectuera d’abord...

 

. Par la connaissance du schéma corporel ( se situer et situer les objets les uns par rapport aux autres ) et de la latéralité ( notions gauche – droite ).

. Par la structuration spatiale (compréhension des termes : en haut, en bas, sur, sous, devant, derrière, à l’extérieur, à l’intérieur, … ) qui permet d’organiser un espace donné.

. Par la symbolisation des notions temporelles ( compréhension des termes : avant, après, d’abord, ensuite, … ) qui permet de percevoir dans un mot la succession des sons et dans une phrase celle des mots.
. Par l’entraînement au balayage visuel de gauche à droite ( indispensable dans l’apprentissage de la lecture : le regard précède le déchiffrement proprement dit ).

. Par le développement de l’attention, de la concentration et de la mémoire visuelle ( utile dans l’acquisition de l’orthographe usuelle )

. Par la compréhension d‘une représentation symbolique ( compréhension de la lecture : le mot est un ensemble de symboles graphiques ).

. Par la symbolisation de jeux réalisés avec des blocs logiques qui permettent la création d’images mentales, l’analyse, la réflexion, la conjugaison de plusieurs facteurs, la comparaison et les premières démarches du jugement.

. Par la découverte et la représentation graphique des notions de correspondance, d’équivalence et des notions d’ordinal et de cardinal.

. Par la maîtrise du geste graphique avec des objectifs bien particuliers :

         ° L’amélioration de la sensation gestuelle avec la prise de conscience de l’avant-bras, du bras, du poignet, de la main, des doigts et du geste selon des rythmes variés,

         ° L’entraînementà une dissociation musculaire et gestuelle, surtout au niveau des doigts afin de donner à chacun d’eux le maximum d’indépendance,

         ° Le renforcement des différents segments et l’identification des doigts de la main,

         ° L’augmentation de la dextérité et de la rapidité d’exécution,

         ° L’entraînement et l’acquisition de rythmes et d’automatismes gestuels,

         ° L’entraînement dans la reproduction de rythmes continus, discontinus dans le divertissement graphique,

         ° L’amélioration de la maîtrise de la tenue du crayon, de la pression, de l’élan du geste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Ces apprentissages se font grâce à des activités libres et/ou dirigées en ayant                                    comme objectif principal : le plaisir de l’enfant 

 

Nous définissons la séance de psychomotricité comme …

 

Un espace-temps où l'enfant va pouvoir se mouvoir librement, expérimenter ses potentialités, s'affirmer tout en prenant conscience de l'autre, établir les bases de la coopération, confronter ses limites, imiter l'autre pour ensuite s'approprier l'expérience, construire son intelligence par son action sur l'espace et les objets.

 

Vivre le plaisir sensori-moteur, sauter, grimper, rouler, ramper, courir... .

 

Vivre son imaginaire, exprimer ses besoins tout en essayant d'y trouver une réponse.

 

La séance sera suivie par des temps d'expression, de création, de verbalisation, ce qui favorisera l'intégration.

L’enfant va y développer sa dynamique psychomotrice existentielle. 

 

Les séances ont comme objectif de permettre à l'enfant d'aborder sa dynamique corporelle affective et relationnelle avec comme conséquence la possibilité d’exprimer, peut-être, ses difficultés voir des tensions nées lors de sa confrontation avec les exigences de la réalité du monde qui l'entoure.

 

Cette expression sera accompagnée par l’adulte qui se présentera à lui en tant que Référent. Par la suite, il pourra libérer son potentiel créatif et sa dynamique d'apprentissage indispensables dans sa quête d'autonomie. Il pourra construire son identité et l’intégrera à sa dynamique psychomotrice relationnelle.

 

La psychomotricité représente la base indispensable, la source d'où l'enfant pourra puiser ce qui lui est nécessaire pour structurer ses expériences et acquérir les aptitudes de base corporelles et ensuite verbales, graphiques, musicales, mathématiques.... qui lui permettront de résoudre les différents problèmes qui se présenteront à lui. 

 

Dans le respect du processus de maturation et des capacités de chacun, des situations plus structurées peuvent être proposées aux enfants vers la troisième maternelle.

Ces situations ont d'abord comme objectif d'ouvrir, d'enrichir l'espace d'expérience de l'enfant de manière à ce qu'il puisse spontanément développer sa dynamique perceptivo-motrice de la manière la plus riche possible.

 

La pédagogie utilisée doit rester globale, différenciée et vécue. Nous ne parlerons plus d'éducation psychomotrice globale relationnelle mais bien d'éducation psychomotrice globale perceptivo-motrice.

                                   

                                                                                           Rien n’est dans l’esprit qui ne soit entré par les sens.

                                                                          

                                                                                                                               Aristote

 

 

                                                Projet porté par l’école de Messidor

 

Le décret du 3 juillet 2003 prévoit la mise en place de 2h de psychomotricité par semaine dans les classes maternelles.
L’équipe éducative de l’école de Messidor estime ce cadre tout à fait insuffisant.

 

De par son organisation et la présence de 2 psychomotriciens, l’école de Messidor peut défendre le projet suivant :

 

  • Proposer des séances de psychomotricité par demi-groupe classe.

 

° Proposer 2 périodes de psychomotricité par semaine en classe d’accueil

° Proposer 3 périodes en 1ère mat.

° Proposer 4 périodes en 2ème mat.

° Proposer 3 périodes en 3ème mat.

° Proposer 2 périodes en 1ère primaire en plus des heures légales de gymnastique et natation.

 

 

 

 

               Chaque séance de psychomotricité se clôture par une phase de relaxation.

 

La relaxation vise à passer dans un premier temps par une déconcentration mentale et musculaire, obtenue par des exercices visant à prendre conscience de son corps et de ses pensées, pour atteindre ensuite la restructuration de l'individu.

 

Diverses techniques concourent au même résultat : réduction du tonus (tension des muscles striés) par une posture appropriée et réduction des musclesinvolontaires (muscles lisses), pour arriver ensuite à diminuer voire faire disparaître le stress.

 

La parole

Quelle que soit la discipline de relaxation choisie, elle est précédée d'un dialogue. Le pratiquant est amené, dans un premier temps, à prendre conscience des agents perturbateurs auxquels il est soumis. Après ce préambule, la séance de relaxation commence véritablement.

 

La respiration

On se concentre sur sa respiration en inspirant et en expirant lentement et profondément de manière à imprimer au corps un rythme apaisant qui va l'amener à se décontracter.

 

La pensée

Sans changer de position, on pratique la contraction puis la décontraction des muscles en les passant tous en revue (des pieds en remontant jusqu'à la tête) et, lors du relâchement, on se concentre sur la décontraction du muscle qu'on abandonne à la pesanteur. On s'aide de phrases comme " mes pieds sont lourds, ils s'enfoncent dans le sol, ils sont relâchés… " On efface ainsi peu à peu toutes les tensions musculaires. Le sang circule de manière fluide, on sent un réchauffement euphorique. L'esprit peut alors se focaliser sur le mental.

 

La visualisation

On visualise le bleu si c'est la couleur que l'on aime. Les pensées parasites vont petit à petit disparaître. On arrive ainsi à la pause mentale. On a substitué aux idées noires, des images positives (lieu personnel où l'on a été heureux, perception concrète d'un projet). Bien qu'étant propres à chacun, ces images recouvrent toujours la projection d'une transformation heureuse.